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Découverte // Interview graphiste CBGD
Découverte // Interview graphiste CBGD

Animé par toutes les sortes de graphisme, le toulousain Bastien Campergue me paraît être le client parfait pour OuestTime.

Voilà déjà deux ans que le graphiste a décidé de faire sa passion comme future profession. Laissez à Bastien rechercher son inspiration et ce dernier vous fera une oeuvre qui vous fera garder votre esprit ouvert. Inspiré des plus grands comme Rembrandt, Brody ou encore Banksy, il arrivera à manipuler vos yeux vers ses oeuvres qui sont tout simplement obnubilante.

 

Yohann : Quand as-tu commencé?

Quand j’étais petit, je regardais beaucoup la télévision et en particulier les publicités. Il est vrai que j’en connaissais la majorité par coeur dans leurs textes. Cette tendance m’est passée mais je suis sûr que ça m’a marqué. De plus, au collège et lycée, je passais mes cours à dessiner de petites illustrations dans les marges de mes copies doubles comme beaucoup le font. J’expérimentais les traits, les outils, les trompes oeil. Une fois le bac en poche, j’ai commencé un Bts muc mais très vite, je ne me suis pas sentit à ma place. Je voulais plus faire quelque chose de manuel, avoir un résultat visuel à la clé. C’est à ce moment que j’ai décidé que je voulais être graphiste. Comme je disais « je veux faire des publicités qui passeront à la télévision » et c’est partit de là.

 

Yohann : Pourquoi CBGD ?

Pourquoi CBGD. Pour moi je suis juste Bastien Campergue, un graphiste en free lance. CBGD correspond à Campergue Bastien Graphic Designer. C’est juste un raccourci pour éviter de dire tout ça à chaque fois. Et puis, je pense que les initiales se retiennent mieux que les noms. Après c’est juste un nom pour ma page Facebook

https://www.facebook.com/pages/CBGD/105020106320229

 

Yohann : Qu'est ce qui t'inspire?

Mon inspiration vient de tout ce que l’on voit autour de nous.Même une publicité banale pour des produits surgelés m’inspire. Je me dis « comment mettre les mettre en valeur ?» Ça peut paraître bête comme ça, mais c’est une question qui mérite réflexion je trouve. Ce qui m’a marqué est la période des années 60 sur la côte Est des USA. Son concept, ses idées, son application. Mais surtout la liberté que ce mouvement dégageait. J’aime croire que je suis libre en tant qu’individu, et libre de créer.

 

Yohann : Lorsque tu dis être inspiré par les années 60 aux USA tu fais référence au mouvement de Warhol la pop art? D'ailleurs sa façon de vivre t'intéresse?

Non je ne parlais pas d’Andy Warhol. Je parlais du mouvement hippie et de sa résultante à savoir, ne jamais s’enfermer dans quelque chose. Bien sur toute chose à ses limites, y compris ce mouvement. Je n’en garde que ce qui m’intéresse. La pop art est un mouvement intéressant car il brise les limites du graphisme et de l’art à son époque. C’est çà qui me plaît dans ce genre. Mais en ce qui concerne ce point d’autres styles ont beaucoup plus brisé les règles de l’art comme le cubisme ou le dadaïsme. Warhol était un génie, il n’a rien à dire là-dessus. Si je pouvais avoir un tiers de sa vie, j’en serais déjà comblé. Il était talentueux, il touchait à tout. Mais ce qui a fait que Warhol devienne Warhol, c’est son carnet d’adresse dans un premier temps et sa renommé. Je n’en attends pas tant pour moi.

 

Yohann : Les mouvements protestataire te touchent beaucoup. Pourquoi?

Oui il est vrai que les mouvement protestataires sont importants. Non pas dans leur contenu mais dans la façon dont le graphisme est utilisé pour protester. Les idées sont généralement fortes et les illustrer, souvent compliqué. Comment résumer par exemple, la spéculation des banques et la crise de 2008 avec une affiche? Se serait un bon projet à développer... Humainement j'aime ces mouvements car ça permet de réunir les gens autour d'une conviction. Et je trouve que c'est quelque chose qui manque aujourd'hui avec tout cet individualisme.

 

Yohann : Quels sont tes projets?

Pour l’instant, je suis encore à Toulouse pour deux ans, pour finir mes études. Mais j’aimerai imposer mon style à l’étranger dans des pays porteurs en matière de graphisme comme le Canada, le Brésil ou l’Argentine (qui est en gros développement graphique) mais bon, rien n’est sûr. Je suis paré à toute éventualité en gardant comme idée derrière la tête de bouger. Pour cet art, je veux continuer à tout toucher comme c’est le cas aujourd’hui. Continuer à découvrir.

 

Yohann : Les émotions sont-elles importantes pour les graphistes?

Les émotions sont primordiales pour un graphiste. C’est par ces dernières qu’un projet est intéressant ou non. Cela dépend des couleurs utilisées, de la composition, de la qualité d’illustration, de la mise en page.etc. Je dis souvent « qu’un graphiste et un manipulateur de l’oeil et que son travail se porte là dessus ». En effet, si une publicité est bien faite, pertinente, et agréable, elle restera dans la subconscient de celui qui la regardé et il y aura plus de chance que le celui-ci achète le produit en question. C’est de la manipulation. Les gens n’aiment pas qu’on dise cela, mais c’est vrai.

 

Yohann : Quel est le sentiment que tu veux que les gens ressentent lorsqu'il voit un de tes dessins ou un de tes graphiques?

Quand les gens voient mes projets, je veux qu’ils comprennent mon message facilement. Je veux qu’ils aient des émotions, que ça les touche, et pour moi, me distinguer. Après ce que j’aime le plus, c’est quand les personnes sourient devant un de mes projets. C’est à ce moment là que je me dis que j’ai fait du bon travail.

 

Yohann : l'actualité te permet de créer des choses?

L’actualité ne permet pas forcément de créer. Pour moi, c’est plutôt un outil. Ça permet de se placer dans un contexte et d’en tirer le meilleur pour être efficace. L’actualité est quand même intéressante pour créer. Par exemple, je regarde souvent les photos sur site woldpress photo. Elles sont très intéressantes car les émotions que dégagent ces images sont nettes ou parfois dérivés de leurs contextes de part le cadrage, les couleurs… C’est une bonne formation je trouve. .

 

Yohann : Songes-tu à créer un site?

Oui bien évidemment, il y aura un site internet. Mais pas avant un an. Il faut d’abord que j’apprenne à bouffer du code pour çà, car je veux le faire entièrement moi même pour qu’il soit plus expressif de mon Moi et de mes travaux.

 

Yohann: Quel est ton crédo ?

Mon crédo, se serait « Ne jamais baisser les bras ». Même si parfois on bloque sur un projet, on n’abandonne pas. Les étapes sont parfois difficiles mais pour moi c’est toujours dans la difficulté qu’on en retire les meilleures leçons.

 

Yohann : Comptes-tu faire des expos?

Pour l’instant je n’ai pas d’expositions prévues. Je ne suis pas du genre à me vendre de la sorte. Je préfère répondre à des attentes plutôt que surprendre. C’est un challenge plus intéressant puisqu’on nous attend au détour le plus souvent et ça nous laisse donc moins de marge d’erreurs. Mais qui sait ce que nous réserve l'avenir ?

 

Yohann : Qui sont tes idoles?

Sinon au niveau de mes références artistiques je porte plutôt sur du Rembrandt et Courbet pour la technique et l’expressivité de leurs oeuvres, Mondrian pour sa technique, Neville Brody pour sa créativité et Banksy pour son d'art protestataire et utile.

 

Yohann : Pour finir, quel est la dernière pub qui t'a vraiment bouleversé?

La toute dernière pub qui m'a bouleversé est la série d'affiche publié par l'agence bleu blanc rouge de Montréal sur le thème du nouveau salon Star Wars qui est actuellement à dans la métropole du Québec. Je n'y trouve rien à redire. Les affiches sont tous simplement parfaite et les illustrations à couper le souffle. Çà vaut vraiment le détour.

 

Interview réalisé par Yohann Dufour

 


- posté par reno -